1917, année du Chemin des Dames pour le 35e RAC...


Après les durs combats de Verdun, le Régiment sera mis en réserve à Meaux à la fin du mois de janvier 1917, pour se reposer mais aussi se mettre en condition pour participer aux grandes offensives qui se préparent. Au cours de cette année 1917, il combattra par deux fois au chemin des Dames et dans la région de Saint Quentin. L'année 1917 sera traitée sur ce bulletin pour le premier semestre et sur le bulletin 126 pour le second.

Le Tournant de la Guerre – L’offensive d’Avril 1917
1917 va constituer, tout à la fois, une année difficile pour l’armée française et marquer le tournant de la guerre avec l’entrée dans le conflit des Etats-Unis. En début d’année, Nivelle, qui a remplacé Joffre, pense à son tour pouvoir éprouver l’armée allemande, voire même percer le front. En vue de ces nouvelles offensives, tirant les leçons de la Somme, l’artillerie française va adopter la « préparation élargie ». Alors que les artilleurs du « 35 » s’entraînent à cette nouvelle forme d’engagement, le repli allemand sur la ligne Hindenburg entre le 19 et le 24 mars retentit comme un coup de tonnerre dans les états-majors alliés.
Le 35e R.A.C. commandé depuis peu par le lieutenant-colonel Julliard quitte Meaux et, en moins de 36 heures prend position vers Crouy et Leury, au nord de Soissons.


41. Le repli allemand – retour dans la région du Chemin des Dames

Les batteries du 35e harcellent l’ennemi pendant leurs mouvements, réduisant les nids de mitrailleuses chargées de protéger la retraite. La motivation des artilleurs dans la poursuite est remarquable. Le lieutenant Martin, avec son détachement de liaison, pénètre même, avant l'infanterie, dans le village de Laffaux (15 Km NE de Soissons) que les Allemands viennent d’évacuer ! Le terrain est celui du Soissonnais et du Chemin des Dames : de grands plateaux très faiblement ondulés donnant de grands champs de tir faciles à battre par les mitrailleuses, et coupés de ravins profonds aux pentes, très raides, dans lesquels des réserves nombreuses peuvent être réunies à l’abri des coups, et qui ne permettent pas aux batteries de 75 de manœuvrer facilement. Le Régiment, faisant preuve d’une faculté d’adaptation certaine, s’investissant sans compter, parvient, malgré les difficultés posées par ce terrain peu propice et l’instabilité de la situation, à satisfaire les demandes de l’infanterie notamment pendant les attaques de Pont-Rouge, du Mont des Tombes (près de Vauxaillon) et de Laffaux.
Le lieutenant Le Gac et le médecin aide-major Franchin sont blessés à cette occasion. Pour son engagement, le 3e Groupe est cité à l’ordre du 172e Régiment d’infanterie. Ces éloges auraient d’ailleurs pu s’appliquer aux trois groupes du régiment.



42. L’offensive d’avril 1917 – le Chemin des Dames

Malgré une mise en place difficile, la grande offensive du printemps 17 est prête. Le repli allemand empêche de lui donner toute l’envergure souhaitée, mais, les Anglais attaquant par le Nord du champ de bataille, parviennent à enlever la célèbre falaise de Vimy et Liévin (9-14 Avril). Les Français attaquent les positions du chemin des Dames et du plateau de Craonne le 16 avril et les monts de Champagne (Cornillet – Moronvilliers) le 17 avril.
Malgré de beaux succès, la rupture du front allemand ne peut être obtenue. De plus, le Chemin des Dames n’est pas pris totalement. Les Allemands réagissent avec vigueur et lancent de vigoureuses contre-attaques appuyées par leur artillerie. Une des zones les plus disputées est celle de Hurtebise où se trouve une division de la garde allemande. C’est là que le 19 avril, le 35e R.A.C. se déplace pour appuyer la 38e Division, relevée par la suite par la 22e Division.

Une quantité impressionnante de moyens d’artillerie encombre le secteur qui n’offre que peu de positions favorables au 75. Le Régiment se retrouve dans une position délicate : resserré sur une seule ligne, n’ayant pas eu le temps de bâtir des abris, il endure de nombreux tirs ennemis et subit des pertes sévères. Malgré cela, il parvient à fournir à l’infanterie l’appui nécessaire. Grâce à ces efforts, non seulement les Allemands, ne peuvent reprendre le terrain conquis, mais la position est notablement consolidée par des succès locaux. Pendant cette phase, le 2e C.C. (canonnier conducteur) Le Pabic se fait remarquer par son sang-froid et son esprit d’initiative. Au cours d’un ravitaillement, alors que tous les gradés du convoi ont été mortellement touchés, il prend la direction de la colonne et se propose en fin de mission d’aller relever les blessés sous les bombardements qui se poursuivent.

Ordre du 172e R.I. n° 549 du 28 Mars 1917.
"Pendant les combats du 18 au 28 Mars 1917, le 3e Groupe du 35e R.A.C., en liaison constante et intime avec les unités de première ligne, a apporté grâce à son allant, une aide efficace au Régiment assurant sa progression et la poursuite de l'ennemi pendant une avance de plusieurs kilomètres. Prêt à tout instant à protéger le Régiment contre un retour offensif de l'adversaire a, le 22 mars 1917, arrêté net trois violentes contre-attaques par des tirs de barrage d'une précision remarquable, établissant devant nos lignes un mur de feu infranchissable".
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